Depuis l'âge de 16 ans, je n'ai plus posé mon stylo. Mon "art" est la fiction. Je suis bavarde et j'aime raconter des histoires. J'adore lire, j'ai toujours un livre sur moi. A force de passer des heures dans des avions et des trains, les livres sont devenus mes indispensables compagnons de voyage, et les gares et aéroports, mes meilleures librairies. Mais n'avez vous jamais eu le sentiment, au moins une fois, que ce que vous lisiez, quoique bien, n'était pas ce que vous vouliez lire? Souvent, je me sens frustrée de voir que l'auteur du livre que j'ai en main a pris une direction qui n'aurait pas été la mienne. Une histoire, pour être belle, n'a pas besoin d'avoir une fin heureuse...  Pour combler ma passion et finalement lire ce que je veux réellement lire, j'écris !

L'écriture est plus forte que tout. C’est ma vie, ma religion, mon identité.

 

♠ Je suis une auteure inspirée et surtout, indisciplinée.

Je ne suis pas de ceux qui se lèvent aux aurores pour profiter de deux ou trois heures d'écriture avant d'aller travailler ou de remplir ses devoirs. Ça tombe bien, je suis célibataire et je ne travaille pas. Donc mes horaires sont flexibles.

Il y a aussi les auteurs qui disent ne pas croire à l'inspiration, et qui se forcent à écrire des pages et des pages. Moi, je crois et n'écris qu'à l'inspiration. Bien sûr je me force à écrire davantage lorsque je suis bien lancée et tout semble couler ensuite. L'écriture et mon raisonnement sont fluides. Si je dois m'imposer n mots/pages par jour, ça risque de me troubler plus qu'autre chose. Vérité soit dite, je n'arrive pas à imposer un rythme soutenu. C'est mon côté rebelle qui veut ça ;-) .

 

♠ Je commence, après on verra...

Quand je commence à écrire sur papier ou sur clavier (j'écris dans ma tête aussi ;-)), j'ai une idée de départ.

♥ Pour « Fille du Vent », je savais qu'une fille amnésique s'était réveillée dans un parc à Montpellier avec un objet qui pourrait la ramener au passé. A part ça, plus rien. La version finale dit que l'objet était un carnet de notes. Mais l'idée première, c'était un violon...

♥ Pour « Ciel ! J'ai épousé mon mari ! », je n'avais qu'une fille à peine sortie de l'adolescence, épousant le meilleur ami de ses parents et sa mère utilisait tous les moyens à sa disposition pour lui faire la morale. Les détails ont changé pour que les parents, et donc le mari, soient plus jeunes.

Je crée alors les cartes d'identités des personnages, avec noms complets, dates de naissance, lieux de naissance et de résidence, les différents liens entre eux, les apparences physiques, les métiers, les entreprises, etc... Et je fais aussi une chronologie, pour savoir quelles sont les périodes clés de mon histoire. Je fais tout ça avec Excel, avec plein de couleurs... Une fois ma mère a vu ça, elle a halluciné (halluciner... un verbe que j'utilise très rarement, profitez donc de ma générosité...).

 

♠ Obsessionnelle, ça ne s'arrange pas...

J'ai des thèmes de prédilection. Je n'y peux rien, ils sont venus tout seuls...

♥ Je ne sais pas pourquoi, mais les cicatrices, qu'elles soient psychiques ou physiques me fascinent. Les traumatismes me poursuivent, même lorsque je suis loin de mes manuels de psychopathologie. Les cicatrices qu'on voit, qu'on découvre, qu'on sent, les secrets qui se cachent derrière... C'est réellement fascinant. Alors vous allez en avoir des personnages troublés, à force...

♥ Pour moi, la mixité (ou métissage, appelez comme vous l'entendez) culturelle est très importante. Je suis moi-même issue d'un milieu biculturel (angolais et portugais) et mon éducation à la française dans divers pays (hispanophone, anglophone, lusophones et francophone; africains, latino-américain et européens) a contribué à ce que ce soit un melting-pot malgré moi. Et ce milkshake fait de moi celle que je suis aujourd'hui. Je ne lis pas (beaucoup) de romans avec des héroïnes dans mon genre (ou alors, je n'en ai pas trouvé) et en discutant avec d'autres vadrouilleurs de naissance, j'ai remarqué que cette littérature manque cruellement. Alors moi-je, votre servante, se dévoue à la cause. Après tout, nous sommes dans un monde de globalisation/mondialisation, non? Alors il faut suivre l'air du temps ;)

♥ Si je peux (je le peux toujours, bien sûr ;)), je fais mes personnages voyager. J'adore les voyages et pour que je fasse un personnage sédentaire, il faut que je fasse un très très grand effort. Bon, j'exagère un peu peut-être, mais il y a tant de choses à découvrir et faire découvrir!

• Dans « Fille du Vent », (presque) toute la trame se passe à Montpellier, mais il y a un (très) court passage à Amsterdam.

• Dans « Ciel ! J'ai épousé mon mari ! », Lukeny est moitié angolaise, moitié allemande, et vit en Afrique du Sud, pays de son mari.

• Dans « Gazelle », Alyzée et Christian se partagent entre Paris, Londres et New York, et font quelques tours à Turin et Johannesburg.

Mais je dois travailler encore sur mon style et mes idées, pour que mes personnages ne se ressemblent pas tous et aient les mêmes envies.

♠ Dans le désordre en plus !

J'écris le plus souvent sur papier. Je prends mon bloc (avec une mauvaise habitude de n'écrire que sur le recto) et j'écris comme ça me vient. Les scènes me viennent dans le désordre. Grâce à ma chronologie, je peux les (re)classer facilement dans l'histoire... mais il y a des moments qui ne peuvent pas s'échapper parce que je dois suivre un ordre.

• Exception avec « The Healer Queen », où je me suis forcée) à écrire des chapitres les uns à la suite des autres. Comme c'était mon premier roman fantasy et la première fois que j'écrivais un roman en anglais, je devais être plus rigoureuse que jamais.

Malgré tout, je suis très pointilleuse avec les détails et les dates. Va savoir si un personnage est enceinte depuis un an et demi! Je ne suis pas bonne en stats, mais je suis incollable sur les dates!

Je (re)tape aussi mes chapitres dans le désordre, je ne sais pas pourquoi...

 

♠ Et le réel travail commence !

C'est au moment que je passe le texte à l'ordinateur que le réel travail commence, où je me fais plus disciplinée (bien malgré moi, j'avoue) et où je suis très carrée. Je coupe, je réécris, je corrige, je transforme. C'est là que ce n'est plus du premier jet, mais un deuxième, voire un troisième, un septième, un vingtième.

Là, il n'est plus question de désordre, je suis l'ordre chronologique et logique tout court de mon histoire, je me relis cent fois, et encore ce n'est pas assez. Je travaille les enchaînements, les tournures, je revois le style des dialogues de chaque personnage, et je coupe encore et encore.

Les idées de dernière minute, je les passe directement à l'ordinateur et les corrige tout de suite.

 

♠ Les titres enfin.

Jamais contente, je crois que je ne suis pas douée. Je peux changer de titres quinze fois avant de terminer l'écriture d'un manuscrit. C'est embêtant, à force.

 

Septembre 2008 - Montpellier, France © Jo Ann von Haff 2006-2008

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