21 novembre 2009

J'ai classé mes manuscrits, j'ai oublié les adresses des éditeurs, j'ai trié mes contacts... Hier soir, j'ai supprimé 206 contacts Facebook... tous ceux qui faisaient partie d'un réseau, des contacts que je tentais de me faire, des écrivains que j'avais lu, que j'appréciais, que j'avais envie de suivre, de maisons d'édition qui pourraient caler dans mes projets (et pas vice-versa). Pourquoi ? Les apprentis écrivains n'ont pas de "chance", on ne claque pas des doigts pour être publié. Il faut *travailler*, écrire encore et toujours et sans cesse. A part une ou deux exceptions, croire qu'on peut publier un premier jet écrit en deux mois est une erreur. Rarement les premiers jets sont publiés et il faut plus que deux mois pour les primoromanciers pour réussir à quelque chose de très bien. Il y a toujours du travail. J'ai commis quelques erreurs dans ce métier, alors maintenant que j'ai compris à peu près comment ça fonctionne, je me mets en pause.
J'ai dans mon tiroir un manuscrit. Une histoire que j'ai commencé il y a dix ans et que j'ai finalement réécrit l'année dernière. En toute honnêteté et modestie, le meilleur roman que j'aie jamais écrit jusqu'à présent. Mais personne ne l'a encore lu. Personne ne le lira avant un moment. Pourtant, j'aime ce roman et ces destins qui se croisent du fond du cœur. Si pour mes précédents manuscrits, je pense à couper/réécrire/défaire/détruire/mettre au pilon, etc, pour celui-là, je veux le corriger mais le squelette et les muscles sont là. Le gras n'y est presque plus.
Je n'ai plus envie de me mettre la pression, et si jamais, ô miracle, je pouvais être publiée bientôt, je ne serai pas prête. Je ne pourrais pas défendre ce roman que j'aime tant. Alors si je ne suis pas prête à aller aux devants, alors à quoi bon ?
Est-ce une priorité ? Non. Vais-je arrêter d'écrire ? Non. Serais-je déçue ? Non. Ai-je besoin de reconnaissance ? Non. Est-ce que je veux sortir de l'anonymat ? Surtout pas. Du moins pas maintenant. Cette histoire de publication ne s'avère alors qu'une histoire de vanité, d'avoir un livre à son nom pour pouvoir prouver que tous les sacrifices des dernières années n'ont pas été en vain.
J'arrête alors d'écrire pour les autres, de tenter découvrir ce que veulent les autres avant que ma passion pour l'écriture ne devienne un calvaire. Parce qu'avant la publication et la reconnaissance de mes pairs, c'est écrire que j'aime plus que tout et je ne veux pas perdre cette envie, ce besoin.
En ce moment, j'écris, et avec bonheur !, mon Cycle de la Guérisseuse. De la fantasy (ouille !) alors que mon univers de prédilection est et sera toujours le contemporain. Mais ce cycle, j'y travaille depuis bientôt cinq ans, et pour beaucoup, c'est mon meilleur travail jusqu'à présent (faudrait leur faire lire le manuscrit caché, peut-être ? :-))
Je ne suis pas douée pour les titres, mais travailler (ça ne cesse jamais d'être un travail même lorsqu'on ne cherche pas à être publié !) sur
La Treizième Concubine, La Reine Guérisseuse et Enfants de Lune me donne une joie intense et puisque je n'ai pas cette pression sur les épaules, je me sens libre. Si libre.
Pour l'instant, je ne pense pas abandonner cette liberté propre aux gens qui écrivent pour le plaisir. Pour ceux qui se demandent "où est-ce que je peux acheter tes livres ?", la seule réponse est "vous ne pouvez pas".

D'ici 2011, on verra...

En attendant... Xi-♥, JA.

Toi... est-ce que tu sais la chance que tu as ? Est-ce que lorsque tu te lèves le matin (ou à l'heure que tu veux), tu sens ce parfum de liberté autour de toi ? Lorsque tu ouvres tes fenêtres (si tu les ouvres), lorsque tu sors dans la rue (si tu sors), est-ce que tu ressens cette légèreté de vivre dans un des plus beaux pays du monde ? Est-ce que tu sais le combien tu es privilégié et le combien tu es chanceux de vivre dans un tel environnement ? Oui, je sais... tu peux me le dire à longueur de journée que rien n'est parfait, que tout va mal, de mal en pis, que les riches sont toujours plus riches, que les pauvres sont toujours plus pauvres... Que la crise c'est la crise, que la banque c'est la banque, les dettes ne font qu'augmenter, que le président c'est le président, que le gouvernement idem... Tu peux tout me dire, je peux tout écouter... Après tout, moi aussi, je vis ici. Moi aussi je vis comme toi, je subis quelques réformes, je vais avec le flot. Moi aussi je vis les changements de la société française. La différence entre toi et moi, c'est que je n'ai pas le droit de vote. Je ne peux pas dire si oui ou non quelque chose me plaît. Mais à vrai dire, cela m'importe peu... tu veux savoir pourquoi ? Parce que lorsque je suis dehors et que je sens le soleil montpelliérain me caresser la figure, le froid qui me rosit les joues (il m'en faut peu pour avoir le visage rouge comme un coquelicot), la vie de ma ville, je me sens bien... je me sens heureuse... en réalité, je ne me suis jamais sentie aussi heureuse de ma vie. J'ai beaucoup voyagé ma maison sur mon dos et en excès de bagages, cherchant à chaque port où m'ammarrer. J'ai toujours été gitane malgré moi, toujours voulu aller ailleurs... voir si l'herbe était plus verte comme on dit si souvent... A peine arrivée quelque part, je me disais "tiens, ce serait comment, là-bas ?" Mais là, le goût d'ailleurs me suffit pour mes vacances. Montpellier et la France m'ont donné le goût d'ici. Finalement, je parviens à comprendre ce que pensent et ressentent ceux qui sont sédentaires et qui ne veulent absolument pas quitter leur home sweet home... Je commence à peine à saisir cette envie de sédentarisme... Le nomadisme a assez donné. Peut-être que je pourrais le refaire un jour, on ne sait jamais, mais je pense que mon coeur sera toujours attaché et accroché à un des pavés de Montpellier. A chaque fois que je pars c'est un morceau de moi qui reste gravé dans les murs de la ville, des Trois Grâces aux dunes de Palavas. Comme dans toute relation, il y a des hauts et des bas, et tu le sais... Un jour on va s'aimer, le lendemain on va se déchirer. Un jour on va crier, pour ensuite mieux parler. On va se haïr puis revenir dans les bras l'un de l'autre. Eternellement. Et toi, tu sais bien que tu aimes ta France malgré tout. C'est comme une mère qui ne cesse de faire des erreurs pour mieux grandir... Elle est bien là pour te soigner lorsque tu vas mal... Elle te donne à manger et tu as même le luxe de dire si tu veux ceci ou cela, bio ou franchement pas... Même dans le pétrin, elle t'aide et t'aidera toujours. On se dit toujours qu'on a rien, mais au fond... on a tellement plus que tant d'autres. Tu ne trouves pas ? J'aime ton pays... veux-tu le partager avec moi ? 6 novembre 2008

 

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